Lundi 12 Novembre 2018

Gestion communale

2ème salon des maires, élus locaux et décideurs publics

Le 2ème salon des maires, des élus locaux et des décideurs publics des Alpes-Maritimes, qui s’est tenu vendredi 9 novembre au Palais Nikaïa à Nice, a une fois de plus braquer les projecteurs sur les difficultés croissantes des élus municipaux à exercer leurs fonctions. « Pour les maires, l’exercice du mandat est de plus en plus compliqué, a expliqué Honoré Colomas, président de l’ADM06 et maire de Saint-André de la Roche. Depuis les dernières élections municipales, les maires d’Aiglun, Cantaron, Castillon, Cuébris, La Penne, Rigaud, Saint Léger ont démissionné parce qu’ils ne se sentaient plus en mesure d’assumer cette charge colossale. A La penne, les habitants ont déjà eu trois maires différents en quatre ans. Nous n’avons jamais connu une telle situation. C’est devenu très compliqué, voire impossible d’exercer cette fonction en même temps qu’une activité professionnelle.»

Honoré Colomas l’a dit au Préfet : « Depuis la Loi Notre, nos gouvernements organisent la suppression des communes, tout en répétant qu’elles constituent l’échelon de base de la démocratie. Ce sentiment s’est renforcé avec la baisse drastique sans précédent des dotations. Puis le gel de celles-ci. En passant par la suppression unilatérale des contrats aidés. Et maintenant la suppression de la taxe d’habitation. Les maires ont l’impression qu’on leur demande toujours plus avec toujours moins de moyens et moins de capacité de décisions à agir sur leur propre territoire. Les maires se sentent abandonnés. Ils gèrent au quotidien la pénurie financière, la pénurie de soutien des services de l’État en matière d’ingénierie. Ils ont peu de reconnaissance et doivent maintenant faire face à des campagnes de dénigrements populistes et injustifiés (#balanceTonMaire). On laisse planer l’idée qu’ils seraient inefficaces hors se sont les personnalités politiques préférées des français. Nos concitoyens sont reconnaissants de notre proximité, de notre écoute et de notre réactivité. »

Le rapport d’activité annuel a été présenté par Jean-Paul David, maire de Guillaumes, président-adjoint de l’ADM06 et président de l’Association des maires ruraux des Alpes-Maritimes. Il a remercié notamment à cette occasion tous les maires qui représentent l’association aux nombreuses commissions administratives.

Durant le débat d’actualité, Stéphane Simonini, maire de Beuil, a évoqué deux sujets brûlants : le prix du carburant à 1,80€ dans sa commune et la problématique du loup. Mme Leiboff, maire de Lieuche, présidente de l’Association régionale des communes pastorales a également fait le point sur cette question et les difficultés des communes rurales. Gérard Lombardo, Maire du Rouret a ensuite posé la question de la taxe d’habitation, sujet relayé par la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone : « C’est un dialogue de sourds entre l’État et les collectivités locales. Il règne un sentiment d’injustice profond, de détresse. Il y a une fracture entre Paris et les territoires. Les dotations budgétaires sont en baisse. L’État doit arrêter de faire les poches des communes ! Par quoi va être remplacée la taxe d’habitation ? Le service public va diminuer et disparaître ».

Huguette Layet, maire de Castellar a présenté une motion de soutien au personnel hospitalier de Nice face à la dégradation dramatique des services. Puis, Josiane Borgogno, maire de Saint-Sauveur-sur-Tinée, a parlé des déserts médicaux : « Nous manquons d’auxiliaires médicaux. Les maisons de santé peinent à trouver des médecins. Celui de Saint-Sauveur part à la retraite à la fin de l’année prochaine et n'a pas de remplaçant. Ne peut-on pas inciter les jeunes médecins à venir exercer en zone rurale ? »

Le président du Conseil départemental Charles-Ange GINESY s’est montré solidaire des maires et critique devant la politique du gouvernement : « Je ne vois que des inquiétudes. Mais, en 2019, le Département restera la caisse des solidarités territoriales. Son soutien sera à hauteur de 50 M€. J’attends beaucoup de la rencontre avec Mme Jacqueline Gourault, ministre ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. La souffrance des territoires est bien là. Si certaines choses sont positives, nous n’avons aucun soutien sur la réforme territoriale et l’aide aux communes. »

Christian ESTROSI, maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur a, lui aussi, rassuré les maires : « La tâche la plus exaltante, c’est celle de maire. Nous sommes libres et cette liberté n’est pas marchandable. Nous n’avons qu’un patron : nos concitoyens. Je dis au gouvernement : si vous voulez avancer, évoluer, il faut renforcer la commune. Si on doit supprimer la région, le département, l’intercommunalité et même la métropole, on ne doit jamais toucher à la commune. C’est le pivot de la République. »

Une colère et des questions auxquelles ont tenté de répondre le député Loïc Dombreval (LREM) et le préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, qui ont sans doute vécu des moments plus faciles!

 

Retrouvez ici les vidéos de notre partenaire Les petites affiches des Alpes-Maritimes

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